MON LIVRE : Rêverie 1

CHAPITRE 1 : NATACHA

Je suis dans le noir complet. Je ne vois rien.

Quelqu'un me prend doucement la tête  entre ses mains : à ses ongles sur ma peau, je devine une femme.

Elle fait glisser ses doigts en effleurant délicieusement le tour de l'oreille, puis descend entre les petits cheveux courts de ma nuque. Les mains se séparent finalement pour s'arrêter sur les épaules en une ultime caresse lente et sensuelle. 

Une onde de plaisir m'envahit qui remonte les contreforts du cou jusqu'au sommet de la tête. L'une des mains, légère et délicate s'arrête finalement sous le menton. Le timbre d'une voix très douce me dit :

-" enfin, tu es là ! Je t'espère depuis si longtemps ! "

 

Un étrange apaisement me gagne, au son de cette voix caressante, sans que je puisse expliquer pourquoi.

Où suis-je ? Je connais cette voix ! Mais qui est-ce ?

 

Je risque un :

-" C'est toi, chérie ? ". Ma voix trahit une intense émotion.

 

-"Non, je ne suis pas ta femme ! ... Enfin j'aurais pu  ! ... "

ce n'est pas si simple de répondre : entre nous il y a de l'Amour, pourtant nous n'avons jamais été mariés, ...

disons que nous étions très complices."

 

La voix me gagne comme une caresse et m'emplit en une onde délicieuse et indescriptible.














-"Je ne comprends pas... Vous êtes … vous êtes ma maîtresse ?"

 

-"En pensée peut-être... Tant de désir entre nous ! Tant d'attente aussi, tant d'espoirs !

Tout ce que j'éprouvais pour toi, ce que ta seule présence enflammait en moi, c'était bien de l'amour, …et du désir aussi...

Un amour violent, accaparant mes jours et mes nuits, ...omni présent ! En pensées érotiques, les nuits où je mouillais mes draps en rêvant être dans tes bras, pénétré par ton corps brûlant de désir, possédé, soulevé par toi, c'était de l'amour, ça oui ! Mais je le cachais soigneusement...

…Toi, tu n'étais pas non plus indifférent à ma personne, c'est sûr ! Ta manière de rougir quand on se croisait, tes bégaiements comiques dès que tu m'adressais la parole, tout ça ne laisse aucun doute à une femme : je te faisais de l'effet."

 

-"Et alors ?"

 

-"Alors tu étais marié, ... nous sommes restés sages pendant tout ce temps ! Je souffrais en silence, j'étouffais ma passion. Te savoir dans d'autres bras, imaginer... c'était pour moi une grande souffrance. Chacune de nos rencontres était une émotion, faisant palpiter mon coeur à toute allure au fond de mon moi le plus intime... Mais je sais dissimuler mes sentiments, comme toutes les femmes, je crois..."

"Ici, c'est très différent. Nous n'aurons plus de limites, nous sommes entièrement libres. Nous allons enfin pouvoir exprimer ce que le monde nous imposait de taire... Mais ne t'inquiète pas, j'attendrai que tu sois prêt.

Maintenant, j'ai tout le temps car je sais que c'est désormais possible."

 

-"Pourquoi est-ce différent ?  Qu'est-ce qui est possible ? Où est ma femme ?"

 

-"Attends un peu pour poser des questions, tu veux bien ?"

" Ta femme n'est pas encore là. Elle lutte pour ne pas venir, c'est normal, et pourtant elle a tort. Elle devrait accepter, faire confiance...se laisser aller ! Mais de là-bas personne ne veut venir ici."

 

-"Mais d'abord où suis-je ? Je ne vois plus ! Que s'est-il passé ?"

 

-"Arrête de t'énerver, ça ne servirait à rien. Tu as eu un grave accident en rentrant du travail, hier soir. Reste calme, c'est fini ! Tu ne crains plus rien maintenant. Tout est achevé."

 

-"Un accident ? Je suis donc à l'hôpital ? Je ne me rappelle de rien !"

 

-"C'est normal, l'amnésie est souvent le procédé retenu pour l'intégration. Ca nous évite les réactions de rejet et les crises d'angoisses. Tu vas reconstituer les événements petit à petit.

Retiens ça : nous t'avons récupéré, tout va bien."

 

-"Où m'avez-vous emmené ? Et d'abord qui êtes-vous ?"

 

-"J'ai été désignée pour accompagner ton éveil. Je suis tellement contente ! Enfin près de toi !..."

 

-"Mon éveil, vous voulez dire mon réveil ?"

 

-"Ce que tu dois vivre maintenant, est plus qu'un simple réveil. Tu n'es pas encore prêt pour comprendre.

Fais-moi confiance, je te veux du bien. Tu vas suivre une phase transitoire d'adaptation..."

 

Les mots étaient dans sa bouche comme une douce mélodie, chaque syllabe comme une corde pincée sur un violon magique : ploum, ploum, ploum... Une nouvelle onde de plaisir me remonte tout le dos depuis les reins . C'est incroyable,  cette voix  me remplit d'une sensation délicieuse et indescriptible, dans mon corps et dans ma tête.

Bien, résumons...

J'ai subi un grave accident, soit !

Je ne vois plus, je ne peux pas bouger,  soit !

Je ressens du plaisir au son d'une voix féminine, qui dit me connaître et que je n'arrive pas à identifier... C'est plutôt agréable ! Mais tout ça est étrange, inhabituel ! Je ne m'imaginais pas les suites d'un accident comme ça... Je ne ressens aucune douleur, je me sens même plutôt bien ! Comment dire ? J'ai l'impression d'être différent ! ...l'impression que tout est différent, comme dans un rêve. Je me sens calme, serein, oui, tout à fait serein, comme si j'étais à l'abri des soucis désormais, comme si j'étais au-dessus des événements... Non pas que je ne me sente plus concerné, non ce n'est pas un détachement ni un désintérêt : c'est plutôt une impression d'invulnérabilité.  

Je me sens fort, et beau, voilà ! Cette voix, cette femme me désire, je le sens, et ça me rend beau :

C'est bien la première fois ! 

Pourtant je devrais être inquiet. Est-ce que j'ai encore mes deux bras ?

Et mes deux jambes ?

Je n'en sais rien ! Je ne peux pas me toucher, je ne peux pas me regarder.

Suis-je attaché ? Suis-je plâtré ?

 

La voix me sort de ma réflexion :

-"Tu n'es pas attaché, mais tes jambes ne te serviront plus jamais à marcher. 

Il existe ici d'autres moyens de te déplacer. Tu vas devoir apprendre."

 

-"Je suis donc paralysé ?"

 

-"C'est une paralysie du coeur, comme tous ceux qui arrivent ici. Mais reste calme, ce qui t'arrive n'est pas exceptionnel.

Ici, tu n'es pas seul dans ce cas. Tu as cultivé les germes de ta guérison, ils sont en toi. "

 

-"Et mes mains ? Je ne les sens plus !"

 

-"Oublie tout ça. Ecoute, à partir de maintenant, tu vas avoir besoin des autres, tout le temps, à chaque instant.

On dépend toujours des autres. La vie sans les autres n'est qu'une illusion."

(...)

"Tu ne pourras plus jamais vivre seul, vivre pour toi. Ici, tu dois penser collectif, c'est la seule condition, c'est le protocole.

Tu vas apprendre à vivre par les autres, et grâce aux autres : c'est un choix que tu as déjà fait, parfois, rappelle-toi... C'était alors un simple entraînement... Maintenant tu vas devoir aller plus loin,  car tu as franchi le bout du chemin ! Tu comprends ?"

 

-"Non, pas vraiment. Pourquoi tant de détours ? Si je suis dans une situation désespérée, je préfère le savoir tout de suite !"

 

-"Tes mains peuvent servir aux autres...  à toi elles ne serviront plus à rien, voilà...

Si tu acceptes le protocole, tu pourras  donner beaucoup de plaisir, rencontrer des gens à l'infini, et même visiter le monde sans limites ! Tu pourras être très heureux, mais il y a une manière de faire : tu ne dois pas chercher à prendre, tu dois chercher à donner. Le bonheur, tu le recevras si tu fais cela : donnes sans rien attendre en retour et reçois sans rien demander. Tu seras comblé.

Ici tout est gratuit. Aucune possession.  La vie ici est relation, et la relation est don.

Tout le reste n'est qu'illusion."

 

-"Donner, donner, c'est bien beau ! Et si je n'ai plus rien à donner, si je donne tout, que deviendrai-je ? Donner à l'infini, s'oublier, n'est-ce pas mourir un peu ?"

 

-"Non, au contraire, c'est là la seule Vérité. Mourir à toi-même, c'est vivre aux autres ! Ceux qui cherchent à sauver leur peau... meurent. Ici tu n'as plus rien à toi."

 

-"Mais si je n'ai plus rien à moi, que pourrais-je donner ?"

 

-"Le plus grand des cadeaux : toi-même ! Ton être, ton Amour, ta Vie. Il n'y a pas de plus grande action que de donner sa vie aux autres ! Il n'y a pas de plus grand bonheur aussi."

 

-"Me donner entièrement ? Comment pourrais-je ? Ca me fait terriblement peur !"

 

-"Ici tu n'es rien, alors qu'est-ce que tu as à perdre en te donnant ?

Tu ne peux vivre que dans la relation vraie, c'est-à-dire dans la relation d'Amour, en dehors de toute hiérarchie, de tout ascendant, en totale transparence :  tes souffrances, tes joies, tes pensées les plus intimes seront désormais connues de tous. C'est pour toi une nouvelle forme de relation qu'il te faudra apprendre : tu dois être vrai !

Cette relation vraie est incompatible avec toute idée de possession, car la possession permet la domination et la dissimulation : elle fausse la relation : c'est pourquoi tu ne t'appartiens même plus à toi-même !

A partir de maintenant tu dois absolument t'oublier : tu es mort à toi-même ! Tu n'existes plus que pour les autres, tous les autres. Donne-toi entièrement, sans aucune retenue !

 

-"Et si je ne veux pas, si je n'ai pas envie ?"

 

-" Si tu refuses, tu souffriras énormément, et personne ne pourra te guérir.

Oublie ta peur, abandonne-toi, fais confiance. C'est la voie du Bonheur, le chemin de la Vie : c'est le Protocole.

Tu verras c'est une juste loi....

Ne refuse jamais la relation ou tu tomberas dans l'abîme de la solitude. C'est un gouffre sans fond dont on ne ressort jamais. "

 

-"Et mes yeux ? Suis-je aveugle ?"

 

-"Les yeux sont source d'erreurs. Ici, tu seras en Vérité, et la vérité ne se voit pas, elle se vit.

Tes yeux sont désormais inutiles, mais ils pourront servir aux autres, car c'est dans tes yeux qu'ils existeront, c'est dans ton regard qu'ils se connaîtront.

Il te faudra développer une autre vision plus vraie, plus profonde, ... avec le coeur....  Je t'aiderai. ...D'autres t'aideront.

Le regard des autres te permettra d'exister, en vérité.

Tu pourras revoir la Lumière, mais c'est encore trop tôt. Tu n'es pas encore prêt. Patience !"

 

-"Quel est votre nom ?"

 

-"Je m'appelle Natacha"

 

-"Natacha ? Ah mais oui, je me rappelle ! ...Mais tu étais... Je te croyais ... définitivement ...« partie » ?...

Comment se fait-il ? ... Qu'es-tu devenue durant toutes ces années ? ... On te croyait ..."

 

-"Oui, effectivement, j'étais bien «partie»comme tu dis ...

Et pourtant si proche de toi...et des autres... mais vous étiez bien trop occupés... Personne ne me remarquait plus, j'étais comme invisible pour vous.

A vouloir faire quelque chose de sa vie, l'Homme court et se perd. Il oublie l'essentiel : la présence réelle des êtres aimés. Aujourd'hui, seul le virtuel est pris au sérieux, ce qui est un contre-sens.

Celui qui s'arrête et réfléchit passe pour un rêveur. Celui qui cherche la Vérité passe pour un illuminé, et pourtant !... "

(...)
"Ici tout est différent. Patience !  Tu comprendras... Je ne peux pas t'en dire plus. C'est encore trop tôt.

C'est à toi de découvrir progressivement... le chemin.

Tu as le temps, tout le temps désormais."

 

-"Mais je suis un hyperactif. Jamais je ne pourrai supporter d'être inactif, limité et dépendant..."

 

-"Oublie tes certitudes et tes anciens réflexes. Oublie le tourbillon dans lequel tu te perdais.

Ici est la Vérité que tu cherchais, il te suffit de t'ouvrir, c'est simple.

Mais d'abord il te faut accepter la grande rupture, la rupture d'avec le passé. 

Accepter la rupture, c'est parfois long et douloureux, mais c'est le protocole.

Ceux qui s'accrochent au passé souffrent énormément, car le passé n'est que regret, et le regret n'est que ténèbres.

Tu ne seras libre qu'après la grande rupture."

 

-"Ah et en quoi consiste la "Grande rupture" ?"

 

-"Rupture avec tout ce que tu possédais. Rupture avec tous tes anciens réflexes égoïstes. "

 

-"C'est-à-dire ? "

 

-Faire la Grande Rupture, c'est accepter la séparation d'avec l'ancien monde, d'avec le monde provisoire. Tu viens de naître. L'ancienne vie est morte pour toujours, figée à jamais. Ton amour, tes erreurs, tes partages, tes hésitations, tes refus : tout ce que tu as vécu est désormais écrit dans le Grand Livre. Nul ne pourra plus le changer, pas même toi, et les pages de ta vie seront pour toi bonheur ou souffrance éternels, selon ton coeur.

Mais ce que tu as fait n'est rien. Nos actes sont dérisoires face à l'immensité. Ce qui est important est ce que tu es devenu.

Les actes ne valent que par ce qu'ils nous façonnent. Et tu as accumulé suffisamment de potentiel pour trouver la Voie.

Tu vas vivre désormais en Vérité, dans la Relation...

Mais rappelle-toi, tu es désormais totalement transparent."

 

-"Tout le monde pourra connaître mes pensées ? Mais certains vont me détester !"

 

-"Avant de te juger, tu seras regardé dans ton intégralité, et tu seras compris en profondeur, en Vérité.

Cette relation vraie sera source de joie pour toi, mais aussi parfois de honte et de regrets : ton paradis ou bien ton enfer !

La pensée des autres sera ta lumière, ta joie, ou ta souffrance, et leurs regards, ta vérité : la seule Vérité désormais.

(...)

-"Ah j'oubliais, n'essaie pas de t'approprier quelqu'un, ne retiens personne. C’est interdit par le Protocole.  

N'essaie pas de te cacher, de t'isoler, tu te perdrais à tout jamais.

Sois «don» ... don de toi même... même si cela te fait peur.

Ici, chacun appartient à tous.

Tu vas voir, c'est formidable ! "

 

-"...Natacha ?"

 

-"Oui ?"

 

-"Merci ! Merci de t’occuper de moi ! Ta voix me rassure tellement. Si je pouvais…je t’embrasserais ! Tu es … si gentille, tu es …vraiment formidable ! Natacha, je m’en veux de t’avoir oubliée ...si j’avais su… à quel point … Quand tu es là c’est tellement formidable…   je crois bien que toi et moi… enfin moi  ... tu comprends ?? …Oui, c’est ça…je … je t'Aime ! Je t’aime Natacha !"

 

A ce moment quelqu'un a du allumer la lumière de la chambre, et j'ai vu un court instant, j’ai vu la lumière qui rayonnait d’elle.  Natacha, penchée sur moi, son visage resplendissant de gentillesse et d'amour.

Encore plus belle qu'avant ! Elle était lumineuse.

Un bonheur intense, très fort me remplit... Puis une sensation bizarre, l'impression de flotter dans l'air. J'étais soudain très léger, très libre.

J'étais comme soulevé, attiré par elle, sans faire un seul geste. Elle ne disait plus rien mais j'avais la certitude de tout savoir d'elle. Je me rapprochais d'elle, toujours plus près, encore plus près...

Je la sentais maintenant si proche, ... on allait se toucher. Non ! c'était plus proche encore... Tellement proche ! Comment dire ?

Je rentrais au dedans d'elle ! Elle était au dedans de moi ! Elle était magnifique de l'intérieur aussi. Nos esprits étaient unis si fort ! Comment était-ce possible ? Une vraie communion de nos deux êtres. Nos corps et nos esprits, nos deux êtres ne faisaient plus qu'un !

Nous étions fondus l'un dans l'autre, et c'était délicieux.

J'étais dans un tourbillon exquis qui ressemblait à un orgasme, mais en bien plus fort, plus intense, plus complet. Elle me donnait son corps et son esprit aussi. J'étais moi. J'étais elle aussi. A nous deux nous étions bien plus que le résultat d'un simple rapprochement. Tous l'Univers semblait participer à notre Amour. Nous étions au centre de toutes les galaxies dans un tourbillon géant et bienfaisant d'où émanait une grande force, un immense bonheur... !

 

C'est alors que je dis une bêtise :

-"Natacha, je suis si bien quand tu es là ! Je veux que tu restes avec moi, tout le temps !"

 

Une douleur fulgurante me saisit alors brutalement la tête. Le grand tourbillon lumineux s'arrête brutalement. Je me sens projeté loin de Natacha, comme arraché en dehors d’elle : ça fait terriblement mal. De nouveau le noir...

 

-"Tu n'as pas le droit de t'approprier quelqu'un car tu réduis la relation des autres. Rappelle toi le protocole : ici, chacun appartient à tous. A cause de toi je vais partir. Ca y est, je suis appelée... Au revoir ! N'oublie pas le Protocole !..."

 

Puis un grand silence... Le noir ! La douleur s'estompe. Un grand vide, vertigineux...angoissant.

Où suis-je ? ...Que m’est-il arrivé ? Était-ce un rêve ? Ah, Natacha… !

Natacha ! ...Pourquoi je pense à elle maintenant ? Je ne sais pas…

Elle faisait partie de ces femmes jolies, sans être fières. Sympa, toujours prête à rendre service... Elle avait un corps de rêve ! Et puis elle avait un si joli sourire, ...et des yeux ! ...Ah ses yeux ! Pétillants de malice, langoureux quand elle te disait : « s'il te plait... » Elle me faisait fondre ! Je n'aurais jamais pu lui dire non, et je m'efforçais de conserver la bonne distance : ni trop loin, ni trop proche. Garder la complicité sans aller plus loin. Je prenais un grand plaisir à réaliser le moindre de ses souhaits avec empressement.

Elle occupait une partie de mes rêves, une partie de mes nuits, aussi, en pensées...

Mais c'était une fille bien, qui n'aurait jamais essayé de piquer un homme marié. J'avais de l'estime pour elle, et je crois que c'était réciproque.  Natacha, c'était un joli coeur dans un joli corps. La femme idéale !

Chaque fois que je la croisais, au travail, mon coeur se serrait, une certaine émotion me gagnait, c'était l'instant magique... J'osais parfois un coup d'œil furtif sur ses formes parfaites, au risque d'être surpris et de rompre la confiance qu'elle avait pour moi... Ses fesses rondes et charnues, ses épaules si droites et son dos cambré au bon endroit, quelle fière allure, quelle classe ! Son port de tête, son cou, sa nuque où traînait quelques petits cheveux oubliés du reste de sa coiffure...

La mode découvrait chaque année une nouvelle partie de son corps : une année c'était les jambes, le galbe de ses mollets, et la fermeté de ses cuisses, ses genoux si mignons... Une année c'était un large décolleté laissant apparaître le début d'une généreuse féminité : ses deux fruits défendus, ronds, fermes, redressés et provocants. L'année suivante c'était le nombril et son ventre si plat, si ferme... Puis le bas du dos et le début de la fente qui présage les fesses, toniques et rebondies.

Comment résister à tant de merveilles ? Comment ne pas regarder ? Comment ne pas y penser ?  Natacha, c'était le soleil de mes journées à la compagnie qui nous employait tous les deux...

 

Mais était-elle vraiment là ?

Comment aurait-elle su  ? Où était-elle durant toutes ces années ? Elle aussi avait eu un grave accident. Un refus de priorité je crois ou quelque chose comme ça. Un camion qui s'était brusquement trouvé en travers de sa route. Elle était allée s'encastrer dessous avec sa voiture... Elle avait été hélico-transportée dans je ne sais quel hôpital, puis on n'avait plus jamais eu de ses nouvelles. On ne s'était pas posé beaucoup de questions non plus... J'ai honte. Je n'ai pas été très bon comme ami.



Puis la société avait déménagé, et on avait tourné bien des pages, occupés à sauver notre emploi, comme tant d'autres !


Natacha ? A vrai dire on l'avait un peu oubliée. On la croyait même morte.

C'est drôle la vie ! Se retrouver comme ça, par hasard... Je suis content de l'avoir revue et de retrouver cette complicité d'antan. Elle est toujours aussi délicieuse !

 

 

 

 FIN DU CHAPITRE 1



POUR LA SUITE CLIQUEZ SUR : "REVERIE. CHAPITRE 2"
Bonne lecture !


 


Découvrez Natacha Atlas!
Par DJU 770
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