A l'approche de l'été et des inévitables restrictions, il est un luxe dont les pays économiquement riches risquent d'être privés : l'eau potable du robinet !
Pollution de la nappe phréatique, sur-exploitation et baisse de son niveau, modification climatique, multiplication des cultures irriguées : la consommation augmente et les réserves d'eau
potable baissent ! L'eau douce pourrait bien être l'enjeu essentiel du développement dans les 10 ou 20 prochaines années.
Où est le temps où l'eau devait être puisée, loin de la maison, à la force des bras, puis ramenée laborieusement à la force des
jambes jusqu'au lieu d'habitation, où son usage était respectueux et mesuré...
Aujourd'hui, il suffit d'ouvrir le robinet ! Combien de temps gagné et de fatigue épargnée grâce au réseau de distribution qui parcourt le pays jusqu'à la moindre ferme isolée de France ?
L'eau potable est le fruit d'un travail complexe et coûteux alliant les technologies de pointe en chimie et biologie, nécessitant des techniciens et des ingénieurs qui se relaient jour et nuit pour veiller au maintien de sa qualité ; pourtant nombreux sont ceux qui refusent de lui faire confiance et préfèrent boire l'eau en bouteille.
Ainsi aujourd'hui notre luxueuse eau du robinet est-elle reléguée aux seconds rôles : laver les voitures ou le linge, remplir les piscines ou les chasses d'eau des wc, arroser le jardin à profusion, et couler à flot dans notre douche, notre évier ou notre baignoire... Quelle débauche de luxe quand on pense aux pays qui sont privés d'eau potable !
Mais alors que les ventes de bouteilles d'eau sont en croissance et rapportent de substantiels profits aux sociétés productrices, on peut se demander quel est le coût écologique de cette eau en conserve, transportée du lieu de production au lieu de consommation, via les plateformes logistiques et les centres de distribution, à travers tout le territoire national voire à l'export, par route, chemin de fer ou bateau ? Au total beaucoup d'énergie gaspillée quand la meilleure eau du monde est tout simplement disponible à la sortie de notre compteur d'eau !
Combien de fois la bouteille qui trône sur notre table a-t-elle été déplacée par les moteurs d'une chaîne de conditionnement, un chariot élévateur, un camion de transport, une locomotive de la SNCF, ou tout simplement par notre voiture individuelle en revenant de l'hypermarché ?
Combien de temps le moteur de notre réfrigérateur va-t-il tourner pour refroidir (souvent inutilement) la précieuse bouteille ?
Et quelle est la dépense énergétique induite par cette activité pour le fonctionnement des services commerciaux, administratifs et
marketing des firmes productrices ?
Recyclons toute cette gabegie au service de l'environnement et non à son détriment.
Quel est le coût enfin de récupération, destruction ou recyclage de la bouteille vide ?
La mentalité "écologique" dont beaucoup se prévalent impose la réflexion personnelle sur nos choix, et la remise en question d'habitudes préjudiciables à l'environnement.
A quels luxes suis-je prêt à renoncer pour sauver la planète bleue ?
Pour finir, j'aurai une pensée solidaire pour tous ceux dont l'eau courante est déclarée impropre à la consommation, victimes ignorées de notre société et de certains de ses choix en matière d'agriculture et d'élevage déraisonnables. A tous ces sacrifiés que je plains de tout cœur, et dont je ferai sans doute partie un jour, je dirai : "manifestons, protestons et imposons le droit d'accès à l'eau potable pour tous !"
L'eau c'est la vie !
Respecter l'eau, c'est respecter l'Homme !
Découvrez Enigma!
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