La grandeur de l'Homme est une grandeur de pauvreté.
Il ne s'agit pas ici de faire l'apanage de la misère imposée monstrueusement à tant d'êtres humains par l'égoïsme ou l'inconscience de leurs semblables,...
... mais de susciter la pauvreté intérieure par laquelle l'Homme se dépossède librement de lui-même, pour faire de toute sa personne un don vivant, la pauvreté selon l'Esprit, la pauvreté qui est
l'Amour.(...)
Tous les handicaps, les obstacles, les murs de séparation, toutes les guerres, les haines, les violences proviennent de ce moi possessif, individuel ou collectif qui s'adore lui-même, qui se
prétend à la source de tout bien, regardant toujours l'autre comme source de tout mal.
Le bien que nous avons à devenir, c'est justement cela : un être libre de ce moi infantile, un être capable d'introduire dans le monde une dimension nouvelle, un être source, un être origine, un
être créateur.
Une seule voie possible : ne plus rien subir, décoller de tout ce qui
- en nous - est préfabriqué, et devenir des Hommes libres. Se vider de soi-même, renoncer à toute possession, se délivrer de toutes ses adhérences, devenir un espace illimité de lumière et
d'Amour pour être capable de conduire, de revivre et d'achever toute l'histoire et faire prendre à l'univers un nouveau départ (...) :
grandeur de démission dans une nouvelle échelle de valeurs, les valeurs de la générosité, du partage et du don de soi, où le plus grand est celui qui se donne le plus, avec Dieu au sommet de cette
grandeur, lui qui a tout donné et se donne éternellement.
Dieu pauvre, radicalement désapproprié de soi, Dieu qui n'a rien et ne peut rien posséder, Dieu l'anti-possession et l'anti-Narcisse, comme il est la virginité en sa source, dans cette distance
infinie de soi à soi qui fonde la transparence de l'Amour.
Dans l'ordre suprême, la possession est impossible, la grandeur consiste tout entière dans le don de soi-même.(...) L'esprit de possession rend tout opaque, et les plus beaux dons ne peuvent
rayonner en l'être qui se mure en soi.
Quand on passe du donné -qu'on subit- au don où l'on devient tout l'élan vers l'Autre, on atteint à la fois et au même degré l'Homme et Dieu, dans une inséparable communion de vie.
Dieu n'est pas une explication, il est une Rencontre.
Dieu est la Présence qui ne peut être reconnue qu'avec les yeux de l'Amour, la rencontre qui rend libre, libre, libre !!!
Extraits remaniés de "Vivre Dieu". Maurice Zundel.
:
Marié, 2 enfants.
Habitant Meaux (77)/
BR 65 (au 22/10/2009)
BR 07 (au 22/06/2009)/
Un blog pour ceux qui ont envie d'échanger en profondeur.../
"REVERIE" : mon livre sur l'amour, sur la mort et sur la vie. Un prétexte à la réflexion. /